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La génèse d’une crise qui a pris source en février dernier

20/03/2008 08:15




Jean-Pierre Rondeau, le patron de Megara Finances, est d’abord un
conseiller en gestion de patrimoine. Sans doute averti. Ce n’est pas un gourou, disposant des filtres de lecture de la conjoncture au pied du veau d’or. C’est un homme qui suit, recoupe, croise, vérifie les éléments d’informations. Ils les assemblent pour se faire une idée. En fin de compte, il réagit avec bon sens. C’est ainsi qu’il a relevé dès le premier mini krach de février dernier les ingrédients de la crise que nous vivons aujourd’hui.
Essentiellement, cinq faits: le discours d’Alan Greenspan, l’ancien président de la Fed qui s’alarmait des risques d’une récession; les résurgences inflationnistes; la mise en place par les autorités chinoises de dispositifs préventifs à la spéculation sur la bourse domestique; la montée de l’inquiétude liée au Carry Trade, en fait des emprunts en yens à 0,5 % pour être ensuite placés en dollars à 5 %; et pour finir les premières défaillances des subprimes.
Ce faisceau d’avertissements n’a ému personne, explique-t-il. En tout cas, pas les professionnels. Car si ralentissement de l’économie mondial il y avait, les pays émergents, la Chine et l’inde en tête, pouvaient compenser en jouant les locomotives. En outre, la Fed, sous la pression de Washington – qui a pris de bonnes décisions – baisserait les taux. Ce qu’elle vient de faire de façon brutale. Et puis, les LMBO, ces fusions et acquisitions, pouvaient alimenter les marchés. Les milliards injectés dans l’économie par les banques centrales ont, en effet, servi de soutien efficace tant et si bien que les marchés financiers repartaient de plus belle, invitant à fermer les yeux sur les montages financiers aussi virtuels que juteux. Jusqu’au moment où les banques et les sociétés de gestion ont convenu avoir placé du papier douteux dans des Sicav de trésorerie, un placement à court terme et donc nécessairement protégé.
L’alerte d’octobre a fait, elle aussi, long feu. Personne n’était prêt à remiser les placements dynamiques générant des bénéfices exceptionnels.
C’est dans ce climat frôlant l’euphorie que s’est greffé l’affaire de la Société Générale. Pour Jean-Pierre Rondeau, c’est là une affaire abérrante. Fort de son expérience en la matière, il est convaincu qu’un trader ne peut agir ainsi seul pendant des mois et dans le même temps, il convient qu’il est impossible que des dirigeants aient pu couvrir de tels actes.
Plus grave, lui apparaît, en fait, la constitution d’un consortium de banques, parmi lesquelles on retrouve Société Générale et BNP Paribas, destiné à mobiliser de l’argent pour soutenir les réhausseurs de crédit en mal de notation convenable.. Le tout dans une discrétion respectueuse. Et au détriment de l’épargnant qui, ayant perdu la moitié de son capital dans le crise, apporte son écot, lautre moitié, pour voler au secours de ceux qui l’ont appauvri. Le CGP, par ailleurs dirigeant de CGPC, n’a pas peur des mots. Et d’ajouter que si des banques sont capables d’agir ainsi c’est sans doute pour éviter l’effondrement d’opérations de subprimes qui sont encore dans leurs comptes ou ceux de leurs clients.
Alors quid aujourd’hui? Jean-Pierre Rondeau ne manifeste aucun doute: nous sommes en recession qui, plus est, est minée par la menace inflationniste au risque de tomber dans la stagflation. Le crédit se fait rare. Certes, l’argent ne manque pas, mais la confiance s’est évanoui. Les fusions et acquisistions sont desormais des opérations de sauvetage. Dès lors, il convient d’être prudent et liquide. Se garder des produits hybrides,des dérivés, fuir les hedge funds, éviter les produits garanti ou , promesse. Bref, comme il ledit tout de go quand je ne sais pas je ne reste pas investi. Prenons le temps d’ l’écouter.


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